À la veille de la journée mondiale de la liberté de la presse, traditionnellement observée le 3 mai, l’association mondiale des journaux et des éditeurs de médias d’information célèbrera la naissance d’une nouvelle association de défense de la liberté de la presse au Rwanda. Baptisée JOLI, pour Journalistes Libres, celle-ci s’est donné pour objectif de lutter pour la « promotion et la protection de la liberté de la presse au Rwanda ».
JOLI fait également écho à l’appel lancé par les signataires de la Déclaration de la Montagne de la Table, adoptée en 2007, qui reconnaissait que le progrès politique et économique [...] ne peut aboutir que dans un environnement où la presse est libre et indépendante. » Créée à l’initiative d’un groupe de membres engagés issus du monde du droit et des médias, l’association sera lancée officiellement le 2 mai à Kigali.
Au programme : une émission de radio ouvrant le débat sur la liberté de la presse au Rwanda, animée par des membres de JOLI, dont Maître Habiyakare Emmanuel du barreau de Kigali. Une réception rassemblera ensuite à Kigali associations de droits de l’homme, organisations professionnelles des médias, leaders d’opinion ainsi que membres du gouvernement et du Parlement.
Albert-Baudouin Twizeyimana, journaliste et secrétaire général de l’association, annonce qu’« à terme, JOLI envisage la dépénalisation des délits de presse ». Plusieurs étapes seront nécessaires à la réalisation de cet objectif, et comme il nous l’explique : « Dans un premier temps, nous souhaitons la mobilisation des journalistes, puis celle des organisations de droits de l’homme. Il s’agit ensuite de faire comprendre aux officiels que la condamnation des délits de presse doit s’effectuer au civil, cette pénalisation constituant un sérieux obstacle au travail des journalistes. »
Comme l’indique le journaliste, « Les organisations internationales jouent un rôle non négligeable dans cette campagne, en témoignant des résultats de la dépénalisation dans d’autres pays, et en assistant les associations locales. »
JOLI a à cœur de faire avancer la situation, via dans un premier temps une sensibilisation à la question de la dépénalisation des délits de presse. Par la suite l’association compte organiser des ateliers au sein desquels échangeront des journalistes, des membres des organes de régulations ainsi que des acteurs de la société civile. Ces ateliers devraient mener à des modifications des textes de loi, à laquelle aspirent nombre des protagonistes du paysage médiatique. « Nous demandons au législateur de revoir les articles 391 et 392 du code pénal sur la diffamation et l’injure, ainsi que l’article 80 de la loi régissant les médias », nous dit le secrétaire général de l’association.
Particulièrement sensible à la situation de la liberté d’expression en Afrique, et désireuse de mettre un terme à la pénalisation des délits de presse, WAN-IFRA salue donc l’excellente initiative de JOLI, à qui elle envoie ses meilleurs vœux de réussite !
Pour toute information, contactez Albert-Baudouin Twizeyimana, par téléphone : +250 788 735 873 ou par e-mail : twizalba.info@gmail.com
Pour en savoir plus sur la déclaration de la montagne de la table, la campagne de la WAN-IFRA appelant à abolir les lois sur la diffamation et l’injure publiques en Afrique, veuillez consulter www.declarationoftablemountain.org
Pour lire l’interview d’Albert-Baudouin Twizeyimana par WAN-IFRA, cliquez-ici





