Media Legal Defence Initiative, (MLDI), un organisme de défense juridique des médias basé à Londres, apporte une aide juridique aux journalistes et médias du monde entier qui cherchent à protéger leur droit d’expression.
L’objectif du MLDI fondé en 2008 est de renforcer les moyens de défense juridique des médias en soutenant les initiatives cherchant à améliorer les connaissances, les compétences et l’efficacité juridiques de ceux qui travaillent dans ce domaine. Ses connaissances juridiques et ses réseaux étendus reposent sur des années d’expérience dans la défense juridique des médias de toutes cultures et juridictions.
Travaillant étroitement avec un réseau international d’avocats expérimentés dans la défense des droits de l’homme et des médias, avec des organisations locales, nationales et internationales, des donateurs, des fondations et des conseillers, tous soucieux de la liberté des médias, le MLDI joue un rôle crucial dans la création de liens solides entre le secteur juridique et le secteur des médias.
La WAN-IFRA a interviewé Gugulethu Moyo, directeur exécutif du MLDI, afin d’obtenir de plus amples informations sur le travail de l’organisation.
WAN-IFRA : Quel événement a déclenché la création du MLDI et quel est son objectif principal ?
Gugulethu Moyo : "Le MLDI a été fondé sur l’initiative d’un groupe de donateurs et de militants des droits de l’homme qui soutenaient depuis longtemps le journalisme et les médias indépendants à travers le monde.
"L’élément déclencheur aurait été l’affaire d’un éditeur de journaux indonésien, Bambang Harymurti, dont le magazine, Tempo, avait failli fermer ses portes parce qu’un puissant homme d’affaires de la région lui avait intenté un procès civil et pénal pour diffamation. C’est en apportant une aide financière à Bambang Harymurti que les donateurs et les organisations médias impliqués dans l’affaire auraient reconnu le besoin d’un organisme se consacrant au soutien de journalistes dans des situations semblables. C’est ainsi qu’a été créé le MLDI, un organisme conçu pour fournir une aide juridique aux journalistes et médias qui sont l’objet de poursuites judiciaires ou de persécutions alors qu’ils exercent tout simplement leur métier.
"Nous fournissons aux journalistes et médias une aide financière pour leurs frais de justice. Nous fournissons également une aide juridique, engageons des procédures devant des tribunaux internationaux et les organismes de surveillance et œuvrons au développement des connaissances juridiques dans la défense de la liberté de presse".
WAN-IFRA : Et quelles ont été les réactions ?
Gugulethu Moyo : "Le recours aux tribunaux pour intimider les médias est un problème omniprésent et c’est sans surprise que nous avons reçu des demandes du monde entier. Nous avons déjà donné notre accord pour la défense de plus d’une centaine de journalistes et de médias en Thaïlande, au Sri Lanka, au Pérou, en Gambie, au Nigeria, aux Philippines, au Mexique, en Zambie, au Cameroun et dans d’autres pays.
"À l’heure actuelle nous travaillons de concert avec un groupe d’avocats en Asie du Sud-Est pour promouvoir la coopération et l’échange de meilleures pratiques sur les litiges concernant la liberté de la presse et également pour renforcer leurs moyens de défense de la liberté de la presse devant les tribunaux.
"Au Rwanda nous apportons une aide permanente à Jean Bosco Gasasira, rédacteur en chef du journal Umvugizi. Il avait évoqué dans un de ses articles qu’un des plus importants procureurs spécialisés dans la recherche des présumés génocidaires rwandais avait soudoyé d’autres journalistes leur intimant de ne pas publier d’articles sur ses liaisons extraconjugales. Jean Bosco Gasasira avait été reconnu coupable de diffamation et d’immixtion dans la vie privée et a fait appel".
WAN-IFRA : Pour quel genre d’affaires juridiques vous demande-t-on de l’aide et quelles sont celles que vous défendez ? Gugulethu Moyo : "La plupart des affaires pour lesquelles on nous a demandé d’intervenir concernent les actions en diffamation pénale. En général, cela signifie qu’un journaliste encourt une peine de prison parce qu’il ou elle a écrit un article comprenant de fortes présomptions contre un personnage politique puissant. Autres cas de figure courants : les procès civils au cours desquels les journalistes se voient confrontés à des dommages et intérêts exorbitants pour avoir publié des articles jugés diffamatoires.
"Le MLDI est là pour apporter son aide quand un journaliste ou un média est assigné en justice alors qu’il a tout simplement exercé son métier. Nous essayons toujours d’aider, mais nous analysons en détail chaque affaire individuelle avant de la défendre. Pour certaines, nous ne prendrons pas la défense, par exemple lorsque les contenus en question sont des discours haineux ou incitent à la violence".
WAN-IFRA : Comment les journalistes peuvent-ils vous contacter ?
Gugulethu Moyo : "Ils peuvent nous contacter par téléphone, fax, e-mail, Twitter, Facebook et notre site Internet. Nous travaillons aussi en étroite collaboration avec d’autres groupes luttant pour les droits des médias, qui nous transmettent souvent des affaires. Les journalistes recherchent notre aide par le biais de la WAN-IFRA, du Comité pour la protection des journalistes, de Human Rights Watch et de l’UNESCO, par exemple".
WAN-IFRA : Quels sont vos objectifs à moyen et long terme ?
Gugulethu Moyo : "Nous sommes ouverts et réceptifs à tous ceux qui font face à de sérieuses peines suite à leur métier de journaliste. Nous souhaitons que les journalistes et les éditeurs de journaux sachent qu’une aide peut leur être accordée pour les procédures judiciaires, qui ont bien souvent comme unique but de les punir ou de les dissuader d’exercer leur métier.
"La défense des libertés devant un tribunal repose sur un solide engagement. Nous recherchons donc des partenaires à long terme qui souhaitent lutter contre l’abus des procès pénaux pour réduire au silence les médias. Nous faisons tout notre possible pour élargir la communauté des avocats défendant la liberté de la presse devant les tribunaux du monde entier".
Pour de plus amples informations, consultez le site Internet du MDLI à http://www.mediadefence.org/ Si vous avez une question particulière ou si vous souhaitez avoir recours à notre aide, contactez directement le MLDI par e-mail.





