About RAP 21 Search Archives Sign a Protest Letter Join RAP 21 Contact RAP 21 English
NOUVELLES DE LA SCENE DES MÉDIAS
LIBERTE DE LA PRESSE
CONFÉRENCES & SÉMINAIRES
CONCOURS & PRIX
Lettre d’information n° 21
02.07.08


Une approche locale est la clé du succès d’El Khabar

L’accent mis sur le journalisme de proximité, y compris la couverture des plus petites équipes sportives du fin fond de l’Algérie, pourrait être le secret du succès d’El-Khabar, qui affiche une diffusion de 550.000 exemplaires par jour. En même temps, ce journal indépendant de langue arabe n’hésite pas à dénoncer les abus de pouvoir du gouvernement ou les affaires de corruption impliquant l’élite au pouvoir.

Produit dans un format tabloïd, El Khabar a été fondé en 1990 par un groupe de rédacteurs en chef et de journalistes issus de la presse publique. Il emploie 300 salariés dont 50 journalistes et 50 correspondants établis aux quatre coins de l’Algérie. El Khabar affiche une diffusion de 550 000 exemplaires par jour, « soit la meilleure du monde arabe si l’on exclut les titres gouvernementaux», assure Daamache Abdelhafid, son secrétaire de rédaction.

APN : Comment expliquez-vous le succès que rencontre El Khabar ?
Daamache Abdelhafid : Il repose sur l’intérêt que nous accordons aux problèmes qui touchent nos lecteurs. La réussite du journal tient à une section intitulée «al jazair al amika» (l’Algérie profonde). Dans nos colonnes, nous parlons du patelin le plus petit et le plus éloigné. Nous disposons de correspondants dans chacune des 48 wilayas (collectivités territoriales) du pays. Nous couvrons aussi l’actualité des plus petites équipes de sport du fin fond du pays. Nous proposons trois éditions régionales (Centre, Est et Ouest).

APN : Quels sont les principaux défis que vous rencontrez ?
DA : L’un des principaux obstacles auxquels nous nous heurtons est la difficulté d’accéder aux informations. Sur un tout autre registre, nous devons aussi faire face au manque de formation des journalistes. Tous nos correspondants n’ont pas poursuivi des études en journalisme, ce qui alourdit la charge de travail de la rédaction centrale qui doit éditer leurs articles avant publication.

APN : Quel regard portez-vous sur la situation de la liberté de la presse en Algérie ?
DA : La liberté de la presse s’est détériorée en Algérie depuis l’arrivée au pouvoir du président Abdelaziz Bouteflika en 1999. En outre, les sujets tabous ne sont pas facilement identifiables. Les lignes rouges sont floues. Les médias abordent les questions les plus audacieuses y compris l’armée, la justice, le chef d’état mais un sujet que l’on aurait pas imaginé pouvoir être délicat et gênant s’avéra problématique. Prenons le cas emblématique du dessinateur de presse Ali Dilem connu pour sa liberté de ton, ce ne sont pas ses dessins les plus insolents qui lui valent des procès.

APN : Quels amendements vous semblent nécessaires dans la législation réglementant les médias ?
DA : La priorité est de supprimer la peine de prison pour les journalistes dont les écrits, à l’instar des crimes, relèvent du droit pénal. Ce n’est pas normal qu’un journaliste se retrouve derrière les barreaux pour un article. Aucun journaliste n’a été jeté en prison en vertu du code de la presse, mais cette clause fait office d’épée de Damoclès qui pèse sur la profession. Il est de notoriété publique que tous les mardis dans la salle d’audience numéro quatre du tribunal d’Alger des journalistes sont condamnés à des peines avec sursis. De tels jugements se sont banalisés à la longue et souvent ces convocations relèvent de la simple formalité et il n’y a pas de poursuites. Notre journal, par exemple, a une dizaine d’affaires en cours au tribunal et tous les mardis la direction se présente devant le juge. Ainsi, un de nos journalistes qui a écrit un article sur un détenu oublié en cellule d’isolement lui a valu deux mois avec sursis. En même temps, il faut reconnaître que cette situation fait autant de mal que de bien à la profession en obligeant les journalistes à bétonner leur source et mieux vérifier les informations qu’ils diffusent.

Le Réseau de la Presse Arabe (APN) est un réseau électronique pour la presse arabe exploité par l’Association Mondiale des Journaux (AMJ) avec le support du grand groupe danois de presse JP/Politiken.


Comments

© 2003 World Association of Newspapers - All Rights Reserved
Please send all technical comments regarding this site to our Webmaster