Au Burkina Faso, une cour d’appel de Ouagadougou a maintenu le 16 août la décision du juge d’investigation Wenceslas Ilboudou d’abandonner toutes les accusations retenues dans l’affaire de l’assassinat du journaliste Norbert Zongo. Le 19 juillet, le juge Ilboudo avait réfuté les charges pesant contre Marcel Kafando, un membre du bataillon de la sécurité présidentielle (BSP), après qu’un témoin crucial soit revenu sur des éléments de son précédent témoignage. La cour d’appel de Ouagadougou a refusé d’annuler la décision du tribunal, rejetant ainsi le pourvoi en appel déposé par les membres de la famille du directeur de l’hebdomadaire “l’Independent”, assassiné en 1998 alors qu’il enquêtait sur des allégations criminelles mettent en cause des proches du Président Blaise Compaoré. Kafando, qui avait été accusé du meurtre en 2001, était le principal suspect dans cette affaire.
Au Ghana, le 17 août, Ebo Hanson, un photojournaliste du journal d’Etat “Daily-Graphic”, a été agressé par de prétendus supporters du baron de la drogue, le Prince Tsibu Darko, actuellement jugé dans une affaire de drogues. Hanson avait simplement pris une photo de l’accusé escorté par des policiers quand il s’est vu encerclé par un groupe d’hommes qui l’ont attaqué. Ses agresseurs l’ont frappé plusieurs fois dans le dos et dans la poitrine et ont pris sa caméra numérique qu’ils ont tenté de détruire. Toutefois, suite à l’intervention de plusieurs passants, ils lui ont rendu sa caméra en prenant uniquement la puce mémoire. Un autre journaliste, William Yaw Owusu, du quotidien d’Etat “Ghanaian Times”, a été menacé et insulté par le même groupe d’assaillants. L’Association des journalistes ghanéen a condamné ces attaques et a appelé toutes les agences de sécurité du pays à assurer la sécurité des journalistes pour leur permettre d’exercer leur métier.
Au Nigeria, le directeur des questions politiques au quotidien privé “Daily Independent”, Wole Olujobi, a reçu des menaces de mort. Le 17 août, il a contacté le Chef de la police de l’Etat d’Ekiti pour l’informer que deux hommes s’étaient présentés à son domicile dans le district Ojokoro à Lagos. Dans un article paru dans le “Daily Independent” deux jours plus tard, le journaliste signalait que ces deux hommes, qui avaient parlé avec un de ses voisins, prétendaient être à la recherche du journaliste du “Daily Independent” pour un article payé grassement par leur société que le journal n’avait pas publié. Sentant que quelque chose clochait, le voisin avait répondu qu’aucun journaliste n’habitait les lieux. Olujobi affirme avoir reçu un texto menaçant le lendemain, le 18 août. Le journaliste pense que ces menaces sont l’œuvre de Ayodele Fayose, le gouverneur de l’Etat d’Ekiti au sud-ouest du pays, qu’il accuse de vouloir l’intimider, après avoir critiqué sa couverture de la crise politique en Ekiti.
Au Soudan, l’écrivain, photographe et militant des droits de l’homme slovène Tomo Kriznar a été condamné à deux ans de prison et à 500 000 dinars (1 800 euros) d’amende. Le tribunal d’Al Fasher, la capitale du Nord-Darfour, a accusé Kriznar d’“espionnage” et de “publication de faussses nouvelles” et d’“entrée illégale au Soudan”. Les autorités lui ont confisqué ses téléphones, sa caméra et son ordinateur portable, et la cour a insisté pour qu’il quitte le Soudan dès qu’il aurait purgé sa peine. Selon son avocat, Mohamed Mahjoub, Kriznar fera appel du verdict. L’avoact prétend également que la cour n’a pas respecté les conditions d’un procès équitable et qu’il n’a pas eu assez de temps pour défendre efficacement son client. Kriznar a admis, lors d’une précédente audience tenue le 1er août, être entré du Tchad au Soudan sans visa, mais il affirme l’avoir fait sur l’invitation du Mouvement de Libération du Soudan (SLM). Il a toutefois rejeté l’accusation d’espionnage. Kriznar était le chef de la mission slovène spéciale envoyée au Soudan suite au plan proposé par le Président slovène, Janez Drnovsek, pour résoudre la crise au Darfour. Le Président slovène, et la mission de l’Union Africaine à Al Fasher, ont tous deux réclamé la libération immédiate de Kriznar.
En Tanzanie, le gouvernement a menacé d’expulser Richard Mgamba, un journaliste d’investigation travaillant pour le quotidien indépendant “The Citizen”. Le gouvernement tanzanien envisage ces mesures drastiques en réponse à la participation de Mgamba au film “Le cauchemar de Darwin”. Ce documentaire, réalisé par le cinéaste autrichien Hubert Sauper, examine les liens entre la pêche dans le Lac Victoria et le commerce d’armes international, prétendant que les avions d’aide humanitaire servent à transporter des armes à destination de la région des grands lacs africains. Mgamba fait une brève apparition dans le film pour discuter de la question du commerce entre l’Afrique de l’Est et les pays occidentaux, et sert d’interprète en swahili à Sauper durant les interviews. Il fait l’objet d’une enquête du gouvernement tanzanien depuis deux semaines et est à présent menacé d’expulsion au Kenya.
Sources : Comité pour la Protection des Journalistes (CPJ), New York Ethiopian Free Press Journalists’ Association (EFJA), Addis Ababa Human Rights Watch (HRW), Etats-Unis International Freedom of Expression Exchange (IFEX), Canada Institut International de Presse (IPI), Vienne, Autriche Journaliste En Danger (JED), République Démocratique du Congo Media Foundation of West Africa (MFWA), Ghana Institut des Médias d’Afrique Australe (MISA), Namibie Media Rights Agenda (MRA), Nigeria Reporters Sans Frontières (RSF), France





