En avril de cette année un nouvel hebdomadaire régional a fait sa sortie dans les kiosques au Ghana. Malgré des pertes financières initiales et des difficultés constantes pour attirer de nouveaux annonceurs, l’homme ayant présidé au lancement du Effia Kwesimintsim Observer a l’espoir que ces obstacles pourront être surmontés. Son éditeur Nana Kofi Coomson a confié à RAP 21 que le journal cherchait à être proche de ses lecteurs, à développer son réseau de ventes publicitaires et à s’appuyer sur l’infrastructure de sa publication, le Ghanaian Chronicle.
“Je pense qu’un journal de ce type était nécessaire parce qu’il traite de questions qui sont généralement négligées par les médias au niveau national, d’histoires comme celle consacrée à une bande de vautours qui infestent une école locale”, a souligné Coomson. L’Effia Kwesimintsim Observer, qui porte le nom de la ville natale de son propriétaire et éditeur, cherche à toucher des communautés spécifiques plutôt qu’à atteindre une audience nationale.
Le journal, qui couvre le quartier est de Shama Ahanta, au Ghana, aborde également des sujets que les titres nationaux ont tendance à écarter de leur une comme la criminalité locale, le chômage, la politique locale et des questions comme les problèmes environnementaux dans la région.
Coomson a pris un gros risque personnel en lançant cette publication. “J’ai financé le lancement de l’Observer avec mes propres fonds. J’ai ce projet en tête depuis un bon moment déjà, mais j’estimais qu’il fallait environ deux mois de préparation avant de démarrer”, dit-il.
La stratégie promotionnelle, tout comme l’audience cible de la publication, sont centrées sur la communauté. Des exemplaires gratuits du journal ont été distribués aux entreprises locales, aux parlementaires locaux et aux agences de publicité durant la période de lancement. Il n’y a pas eu de promotions croisées avec les autres publications du groupe Chronicle Communications, la société mère The Observer, qui est le plus grand groupe de presse du pays.
Quatre mois après son lancement, l’hebdomadaire tire à 2 500 exemplaires environ par édition, les ventes au détail représentant à peu près 30 pour cent de son chiffre d’affaires total, ce qui veut dire que Coomson n’a pas d’autre choix que de financier la plupart de ses dépenses avec son propre argent.
“L’Observer a réussi à attirer quelques annonceurs, notamment un hôtel du coin et un garage automobile local, qui est une filiale de la chaîne de réparation rapide Kwik-Fit. Pour l’instant, toutefois, nous ne tirons que 2 pour cent de nos revenus de la publicité.”
Coomson reconnaît que cela n’est pas suffisant pour maintenir le journal à flots. Son objectif est d’augmenter les recettes publicitaires de 50 pour cent. L’éditeur a l’intention d’envoyer davantage de prospecteurs sur le terrain et estime que le journal a déjà établi de bonnes relations de travail avec les entreprises et les agences publicitaires locales, qui ont reçu des exemplaires gratuits du titre pendant sa période de lancement.
Un avantage non négligeable dont bénéficie l’Effia Kwesimintsim Observer est qu’il peut s’appuyer sur l’infrastructure bien rôdée de sa publication s¦ur, le Ghanaian Chronicle. L’Observer est imprimé sur les mêmes rotatives et diffusé à travers les mêmes réseaux de distribution que Le Chronicle. Il partage en outre la même équipe de vente. C’est ce qui explique que le bureau du journal, qui est basé dans la ville de Takoradi, fait appel à deux employés à plein temps seulement et à un réseau de correspondants indépendants qui opèrent dans toute la région.
L’éditeur pense que son journal, même s’il est encore jeune, a déjà eu un impact sur la communauté. Il espère que cela se traduira par une hausse régulière des chiffres de vente également. “Nous avons une méthode informelle, mais assez fiable pour rester en contact avec notre audience. Elle consiste à recueillir le feedback sur le journal qui provient de la télévision locale, des commentaires à la radio et des émissions critiques”, explique Coomson. Il espère pouvoir tirer parti de cette dynamique : “L’Observer est un journal réputé et estimé, et ses journalistes ont parfaitement réussi à nouer un dialogue avec la commaunité locale”.
Malgré les difficultés rencontrées par la jeune publication, Coomson a l’espoir qu’en restant en phase avec les besoins de la communauté et en utilisant des stratégies commerciales viables, l’Effia Kwesimintsim Observer pourra attirer de nouveaux lecteurs et annonceurs et inverser ainsi les pertes actuelles dans les prochains mois.
“Je sais que nous n’allons pas atteindre l’équilibre financier du jour au lendemain, et qu’il nous faudra pour cela faire une percée commerciale - et avoir un peu de chance”.





