En Algérie, Bashir al Arabi, correspondant régional du quotidien El Khabar, a été libéré le 21 février après avoir purgé un mois de prison pour diffamation. Al Arabi avait été arrêté le 21 janvier, un tribunal ayant lancé un mandat d’arrêt contre lui quatre mois après sa condamnation effective. Le journaliste était accusé de diffamation pour avoir publié un article sur la corruption dans une affaire immobilière impliquant le président d’une organisation caritative. Selon certaines sources, al Arabi avait fourni à la Cour des documents prouvant la véracité de ses accusations.
En Egypte, la peine d’un an de prison infligée à Abdel Nasser Al Zuheiry, journaliste au quotidien indépendant “Al Masry Al Youm“, a été maintenue par une cour d’appel du Caire le 23 février, deux ans exactement après la promesse du président Mubarak d’abolir l’emprisonnement pour les délits de diffamation. Al Zuheiry avait été accusé de diffamation pour un article publié en août 2004.
** Envoyez une lettre de protestation ** Au Kenya, la police aurait effectué une descente dans l’imprimerie du quotidien “The Standard” le 2 mars. Selon des sources, des policiers fortement armés auraient investi les locaux abritant la station KTN au centre de Nairobi et auraient mis la station hors antenne. A peu près au même moment, une autre descente de police a été effectuée dans l’imprimerie du Standard, le second quotidien du pays, durant laquelle la police a saisi et brûlé des milliers d’exemplaires de l’édition du 2 mars, mis hors d’état la rotative du journal et confisqué des équipements, notamment des ordinateurs. L’opération a été menée par le “groupe Kanga”, un corps d’élite formé par le Directeur de la police judiciaire, Joseph Kamau, pour lutter contre les délits majeurs comme les détournements de voitures, les cambriolages de banques et les assassinats. Dans un incident lié à cela, trois journalistes du Standard - le rédacteur en chef Chaacha Mwita et les reporters Ayub Savula et Dennis Onyango - ont été arrêtés avant ces raids et ont été accusés entre-temps de publication de déclarations alarmistes avant d’être libérés sous caution. Deux autres journalistes seraient menacés d’arrestation. On pense que ces raids font suite à un article paru récemment dans le journal disant que le Président Kibaki aurait secrètement rencontré un des chefs de l’opposition kenyane. L’opération policière a eu lieu deux jours après une mise en garde adressée aux médias contre les “débordements” de la liberté de la presse.
Soutenez vos collègues ! Envoyez une lettre de protestation en ligne au Président Mwai Kibaki pour condamner cette violation de la liberté de la presse : http://www.rap21.org/rubrique.php3?...
En Libye, le journaliste Abd al-Raziq al-Mansuri est l’un des 132 prisonniers libérés à la faveur d’une grâce présidentielle le 6 mars. Al-Mansuri avait été arrêté par des agents de la sûreté en janvier 2005 et s’était vu condamné à 18 mois de prison pour possession illégale d’une arme. Le journaliste écrivait pour un site web basé au Royaume-Uni. Les autorités libyennes ont trouvé l’arme au lendemain de son arrestation et il a été placé au secret pendant plus de quatre mois. Le 6 mars est une fête nationale baptisée "Le jour de l’autorité du Peuple." Le gouvernement n’a pas publié la liste des prisonniers libérés ni indiqué les raisons de cette grâce présidentielle.
Au Niger, Ibrahim Manzo, directeur de la rédaction du journal hebdomadaire "L’Autre Observateur", a été condamné le 20 février à un mois de prison avec sursis pour diffamation par un tribunal d’instance de Niamey. Le journaliste s’est vu infliger une amende de 50 000 francs CFA (92 US$ environ). Il a également été sommé de verser 1 franc CFA symbolique (moins d’1 cent américain) au plaignant, Moussa Dan Foulani, un homme d’affaires et ami personnel du Président nigérian Mamadou Tandja Mamadou. Manzo est emprisonné depuis son arrestation sur injonction du Procureur de la République le 2 février. Son arrestation est liée à un article publié dans l’édition du 5 décembre 2005 de "L’Autre Observateur" sur le procès d’un bandit armé accusant Dan Foulani de lui avoir vendu les armes qu’il avait utilisées dans la tentative de hold-up. Le 6 février, lors de la première comparution du rédacteur en chef devant la Cour, le Procureur a réclamé à la Cour une peine de deux mois de prison et une amende de 50 000 francs CFA.
En Tunisie, le journaliste Hamadi Jebali et le “Groupe de Zarzis” constitué d’internautes sont au nombre des 1 6000 prisonniers libérés de prison à la faveur d’une grâce présidentielle le 25 février. Jebali, l’ex rédacteur en chef du journal hebdomadaire “Al-Fajr” aujourd’hui disparu, publié par le parti islamique interdit Al-Nahda, avait été emprisonné une première fois en 1991 pour un article appelant à l’abolition des tribunaux militaires en Tunisie. Jugé l’année suivante par un tribunal militaire, il avait été condamné à 16 ans de prison. Les huit internautes connus sous le nom de “Groupe de Zarzis” (Sud) s’étaient vus condamner en avril 2004 à 19 ans d’emprisonnement pour avoir “utilisé Internet pour promouvoir le terrorisme”. Selon certains rapports, leurs confessions auraient été obtenues sous la torture. Leur peine avait été ramenée à 13 ans de prison en décembre 2004. L’avocat des droits de l’homme Mohammed Abdou est toujours incarcéré pour un article publié sur Internet. Il purge trois ans et demi de prison pour avoir diffamé le processus judiciaire et troublé l’ordre public.
Sources :
Comité pour la Protection des Journalistes (CPJ), New York
Ethiopian Free Press Journalists’ Association (EFJA), Addis Ababa
Human Rights Watch (HRW), Etats-Unis
International Freedom of Expression Exchange (IFEX), Canada
Institut International de Presse (IPI), Vienne, Autriche
Journaliste En Danger (JED), République Démocratique du Congo
Media Foundation of West Africa (MFWA), Ghana
Institut des Médias d’Afrique Australe (MISA), Namibie
Media Rights Agenda (MRA), Nigeria
Reporters Sans Frontières (RSF), France





