En République démocratique du Congo, Jean Pierre Phambu Lutette, éditeur du journal "La Tolerance" basé à Kinshasa, a été arrêté par des inspecteurs de la police judiciaire le 28 juillet. On ignore la raison officielle de son arrestation. Mais lorsqu’une organisation locale de défense de la liberté de la presse a tenté de lui parler dans sa cellule, l’éditeur a dit qu’il avait été interrogé sur un article publiée dans l’édition du 13 juin du journal, intitulé "Avec la bénédiction du procureur de la république Tshimanga Mukeba, les inspecteurs judiciaires sèment la terreur dans le port de Matadi”. Après l’avoir interrogé, l’inspecteur de la police judiciaire lui aurait dit qu’il était recherché depuis trois semaines car son article avait "discrédité" le procureur de la république. On ignore si Phambu Lutette a été libéré depuis.
En République démocratique du Congo toujours, Jean-Marie Kanku, éditeur de l’hebdomadaire “L’Alerte”, basé à Kinshasa, a été libéré de prison le 5 juillet. Kanku avait été arrêté le 11 juillet pour diffamation en relation avec un article publié dans l’édition de "L’Alerte” du 8 juillet.
En Guinée, Abdoulaye Youlaké Camara, chef de bureau du “Guinée-News” à Conakry, a été arrêté dans un commissariat de police à Conakry le 27 juillet pour un article en ligne selon lequel les employés d’une station essence dans la banlieue de Conakry auraient volé les personnes qui leur achetaient de l’essence. Suite à la publication de cet article, Marie Kobélé Keita, la directrice du poste à essence, avait porté plainte contre Youlaké au commissariat central de Kaloum. Une fois au commissariat, Youlaké aurait dit aux policiers que la loi sur la presse en Guinée ne permettait pas à la police mais uniquement au Procureur de la république, de traiter des cas de diffamation, ajoutant qu’il quittait le commissariat jusqu’à ce que la plaignante suive la procédure normale. Au moment où l’éditeur tentait de quitter le commissariat, une échauffourée aurait éclatée, et Youlaké se serait retrouvé avec une entorse à la main droite.
En Côte d’Ivoire, un groupe de soldats armés a envahi les locaux de la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI) à Adidjan le 27 juillet et a ordonné à la direction de la chaîne d’arrêter de diffuser des séquences montrant des membres de l’opposition. Cette interdiction s’étendait aux membres d’une coalition des partis d’opposition et d’un ancien groupe rebelle baptisé G-7. Selon des sources locales, les soldats se seraient fait passer pour des membres de la Garde Républicaine mais auraient refusé de donner leur nom. On ne comprend pas clairement qui a ordonné leur action. En réaction à cela, le directeur général de la RTI, Kébé Yacouba, a annoncé que la chaîne interdirait la couverture de tous les partis politiques, y compris le parti au pouvoir, le FPI.
Au Nigeria, Ezuiche Ubani, un responsable de l’équipe rédactionnel du journal "This Day", a été empêché de se réfugier au Ghana le 25 juillet par des agents du Service de sécurité de l’Etat (SSS), les services secrets du Nigeria. Selon des rapports, Ubani serait arrivé à l’aéroport international d’Abuja’s Nnamdi Azikiwe et aurait suivi les procédures habituelles d’immigration. Quand il a donné son passeport pour obtenir un tampon, un responsable des SSS lui aurait gardé son passeport et l’aurait envoyé au bureau de l’aéroport pour y être interrogé. Les agents de la sécurité ont refusé de fournir la raison de sa détention, disant seulement qu’ils agissaient sur ordre des services secrets qui lui auraient interdit de voyager. Ubani a été retenu pendant plus de deux heures sous prétexte qu’un officier supérieur avait quitté le siège de l’agence et était en route pour l’interroger. L’officier, toutefois, ne s’est jamais présenté. Une fois l’avion décollé, Ubani a récupéré son passeport et a été relâché.
En Sierra Leone, Paul Kamara, le rédacteur en chef du journal “For Di People” basé à Freetown, qui purge actuellement une peine concomitante de 2 ans de prison pour propos séditieux, s’est vu refuser sa demande de libération sous caution le 25 juillet. Les précédentes demandes de libération de J.O.D Cole, l’avocat de Kamara, avaient également été refusées. Paul Kamara a été condamné à deux ans d’emprisonnement le 25 octobre 2004 pour deux accusations de diffamation liées à des articles parus dans le journal “For Di People” cette année-là.
Sources des alertes :
Ethiopian Free Press Journalists’ Association (EFJA), Addis Ababa
Human Rights Watch (HRW), Etats-Unis
International Freedom of Expression Exchange (IFEX), Canada
Institut International de Presse (IPI), Vienne, Autriche
Institut des Médias d’Afrique Australe (MISA), Namibie
Journaliste En Danger (JED), République Démocratique du Congo
Media Foundation of West Africa (MFWA), Ghana
Media Rights Agenda (MRA), Nigeria
Network for the Defence of Independent Media in Africa (NDIMA), Nairobi, Kenya
Reporters Sans Frontières (RSF), France





