Les Zimbabwéens combattent la répression féroce des médias en ligne du gouvernement. Des sites web fleurissent sur Internet, publiés par des personnes déterminées à apporter à leurs compatriotes des informations non contrôlées par le pouvoir, tant dans le pays même quaux Zimbabwéens exilés à l’étranger.
Trois sites qui opèrent actuellement illustrent le succès de ce nouveau type de journalisme adopté par le Zimbabwe. Des centaines de milliers de visiteurs du pays et du monde entier sy connectent quotidiennement.
http://www.newzimbabwe.com Nous essayons de garder le peuple zimbabwéen informé. Je ne pourrais pas vivre sans écrire, souligne Mduduzi Mathuthu, le rédacteur en chef du site newzimbabwe.com, basé au Royaume-Uni. Ce site, qui est actualisé quotidiennement, couvre les derniers événements au Zimbabwe, le sport et le show business. Les articles proviennent à la fois du pays et du reste du monde, les exilés vivant à létranger constituent le majorité des lecteurs. Le site propose également une rubrique commentaires et opinions.
Mathuthu a été arrêté cinq fois pour ses activités journalistiques au service du Daily News avant de quitter le pays pour le Royaume-Uni. Sur place, il a lancé newzimbabwe.com en juin 2003 avec deux ex-collègues du Daily News et deux anciens journalistes zimbabwéens indépendants. Aujourdhui, newzimbabwe.com emploie 11 personnes.
Le site web a connu un succès si fulgurant quil a pu récemment lancer un journal imprimé en plus du site. The Fusion Voice, mis en vente en août 2004, est distribué gratuitement aux lecteurs britanniques. Les principaux facteurs qui ont rendu cela possible ont été une soutien financier indispensable de part des organisations caritatives britanniques, un généreux volume publicitaire et un lectorat important et extrêmement intéressé.
Nous avons lancé le journal pour essayer datteindre les Zimbabwéens qui vivent hors du pays. On compte à peu près 3 millions dexilés à travers le monde, dont 600 000 environ vivent au Royaume-Uni, précise Mathuthu. Malgré ce succès, les bénéfices financiers ne sont ni une réalité ni un réel objectif. Le site est toujours dans une situation financière précaire, même sil réussit à attirer des visiteurs et a permis le lancement de The Fusion Voice.
Pour l’instant, le site nest pas du tout financé par des organismes caritatifs, même sil bénéficie de revenus suffisants provenant de ses recettes publicitaires. Il espère continuer à sassurer un soutien financier par ce biais en offrant davantage despace publicitaire.
http://www.zimdaily.com Depuis son lancement à Londres en juillet 2004, Zimdaily.com a vu le nombre de ses visiteurs quotidiens grimper de 200 à 500 000. Les sections thématiques couvertes sur le site comprennent les nouvelles du jour, léconomie et la finance, le sport et la santé.
Le journal en ligne emploie 6 correspondants basés dans les différentes régions du Zimbabwe qui renvoient leurs articles aux opérateurs du site au Royaume-Uni. Il a également des correspondants au Canada et aux Etats-Unis, qui couvrent des sujets susceptibles dintéresser les Zimbabwéens exilés à létranger.
Trois des principaux créateurs de Zimdaily.com ont entièrement financé le site. Ce sont nos propres ressources financières que nous investissons. Cela devient de plus en plus difficile. Pour le moment, nous arrivons à nous débrouiller, dit l’un des rédacteurs en chef. Les créateurs du site admettent quils auront besoin dans lavenir dun soutien financier provenant de sources extérieures pour pouvoir continuer à opérer. Mais malgré les difficultés financières quils expérimentent, ils sont conscients de limportance de leur site dinformation et sont résolus à le préserver .
http://www.zimbabwesituation.com Les créateurs de zimbabwesituation.com, basé en Australie, n’avaient aucune expérience journalistique avant de lancer leur service en ligne. Ils partageaient cependant le même désir d’apporter des informations objectives et non contrôlées à la population du Zimbabwe.
Nous avons lancé ce site d’information car nous étions tellement révoltés par ce qui se passait dans le pays que nous voulions que le monde soit au courant. "Nous tentons d’offrir un large aperçu de ce qui se dit à l’intérieur et à l’extérieur du pays", explique l’un des opérateurs du site, qui préfère garder l’anonymat par crainte de représailles sur les membres de sa famille qui vivent encore au Zimbabwe.
Les créateurs de zimbabwesituation.com recherchent principalement des articles sur Internet quils transfèrent ensuite sur leur site
Financièrement parlant, le site ne génère aucun revenu. Nous navons pas de finances, ni de publicité ou de sponsors. Un des créateurs du site paie pour le nom de domaine, et le site est hébergé gratuitement par un autre site qui défend des objectifs similaires.
Le harcèlement et les menaces font partie de la vie quotidienne Compte tenu de la croissance rapide et de l’intérêt manifesté envers ces sites en ligne, il est probable que des sites similaires continueront d’émerger. Et malgré la pression que le gouvernement essaie de placer sur cette nouvelle forme de médias, les créateurs des sites font tout leur possible pour continuer à opérer.
Les journalistes qui ont lancé zimbabwesituation.com ont souhaité garder l’anonymat pour préserver tant leur sécurité que celle de leurs amis et de leur famille qui vivent encore au Zimbabwe. En fait, il est essentiel pour toutes les personnes associées au site de rester sur leurs gardes car des menaces sont toujours possibles même quand on vit à des milliers de kilomètres du pays.
"Les pressions que nous subissons sont des attaques personnelles et le fait que nous vivions dans la crainte permanente que [le gouvernement] puisse se venger de ses frustrations sur nos familles qui sont toujours au Zimbabwe, puisque leurs lois ne peuvent plus nous atteindre", sinquiète Maththu.
La plupart des menaces personnelles ont été reçues par des e-mails. Le site Zimdaily.com ,qui est basé à Londres, a également fait lobjet de plusieurs attaques de la part dindividus qui ont essayé de le pirater et de perturber son fonctionnement. Ses opérateurs soupçonnent ces attaques dêtre le fait des services secrets du gouvernement zimbabwéen.
Ils ont placés certains de leurs agents au Royaume-Uni et en Amérique. Nous savons quils essaient dobtenir un maximum dinformations sur nous, souligne un des rédacteurs en chef de Zimdaily.com.
Bien que les créateurs des sites naient pu échapper complètement aux efforts du gouvernement pour réprimer la liberté de la presse à partir de leur nouveau lieu de vie à l’étranger, le fait dopérer en dehors du pays a été une véritable bénédiction. Nous pouvons écrire tout ce que nous voulons. Et nous constatons à quel point il est agréable de vivre dans une démocratie, explique Mathuthu. Le fait dapporter des informations honnêtes au peuple zimbabwéen vaut également la peine de subir les menaces qui peuvent persister.
Des bannières comme Voice of the Voiceless et Life, Democracy, Change, Freedom placés sur les différents sites dinformation illustrent leur puissant désir de continuer à apporter des informations à la population. En faisant cela, nous essayons de mettre autant de pression que possible sur le gouvernement. Nous voulons quil voit que, quoi qu’il fasse, le monde aura toujours un moyen de découvrir ce qui se passe réellement, explique un des rédacteurs en chef de Zimdaily.com.
Mathuthu défend un point de vue similaire mais réalise en même temps l’inévitable réalité de la situation: Le style actuel adopté par le gouvernement zimbabwéen est de promulguer des lois en cours de route, et il ne faudra pas longtemps avant quil promulgue des lois pour punir les fournisseurs de services Internet au Zimbabwe. A l’heure actuelle, les trois sites d’information sont tous accessibles à partir du pays même.
Atteindre l’homme de la rue Malheureusement, le faible niveau de développement technologique au Zimbabwe reste un





