M. Bona, éditeur de ce magazine mensuel, a commencé à tirer Micro-Pratique à
1.000 exemplaires. "Nous avions un dilemme : commencer par un fort tirage et
donc des moyens financiers conséquents sans connaître véritablement la
réaction du public, ou bien commencer par un faible tirage susceptible
d’être augmenté en fonction de la création de notre lectorat. Nous avons
adopté la deuxième possibilité", indique-t-il.
Attirer un nombre important de lecteurs vers un magazine spécialisé sur un
secteur encore embryonnaire est un pari audacieux. Audacieux mais néanmoins
possible, selon Yves Bona : "avec le développement d’Internet et les autres
moyens classiques de communication (télévisions câblées, journaux, radios,
etc), les pays africains sont vite informés des technologies récentes nées
dans les pays du Nord. Il est vrai que les NTIC restent moins développées
sur le continent mais, depuis l’an 2000, plusieurs états africains
manifestent un réel intérêt pour la vulgarisation des nouvelles
technologies".
De fait, l’engouement pour les NTIC fait tâche d’huile. "Au Cameroun par
exemple, l’Etat a exonéré des droits de douane le matériel informatique. Et
la tendance est la même au Gabon, au Bénin, au Sénégal et en Côte d’Ivoire",
souligne-t-il.
Le but de Micro-Pratique est de créer un besoin d’information sur les NTIC
pour encourager les investissements et les initiatives de l’Etat ou des
entreprises dans ce secteur. "Le problème des NTIC réside actuellement dans
le manque d’infrastructures appropriées. Micro-Pratique attire l’attention
de son lectorat sur les désagréments que provoque ce manque
d’infrastructures. Notre démarche est simple : informer les populations et
les entreprises sur les nouvelles technologies, inciter le gouvernement
camerounais à accélérer des réformes dans le secteur des télécommunications
et de la formation sur les NTIC", explique M. Bona.
Les ventes et les abonnements représentent cependant moins de 20 pour cent
du chiffre d’affaire de Micro-Pratique et le mensuel doit aussi convaincre
les publicitaires afin de survivre et se développer.
"Le marché de la publicité n’est pas toujours évident pour les journaux
spécialisés", fait remarquer Yves Bona qui concède que, "pour le moment, nos
moyens financiers ne nous permettent pas de faire la publicité classique, du
genre spots radio ou passages à la télé".
Micro-Pratique a donc adopté une politique de distribution dynamique afin
d’attirer un plus grand nombre de lecteurs et inciter ainsi les
publicitaires à soutenir le magazine. "Nous avons opté à faire connaître le
magazine dans des endroits où les NTIC suscitent un réel engouement. C’est
ainsi que Micro-Pratique est distribué dans les centres de formation en
informatique, les points d’accès Internet communément appelés Cybercafés,
les cabines téléphoniques, les universités, etc.", énonce-t-il.
Loin de nier les difficultés liées à la survie d’un magazine spécialisé sur
les NTIC dans son pays, M. Bona reste confiant et table sur la jeune
génération de lecteurs. "L’informatique étant inscrit dans le programme
scolaire depuis l’année dernière, les jeunes élèves s’intéressent bien à
Micro-Pratique et nous sommes en train d’étudier des rubriques qui leur sont
spécifiques", conclue-t-il.





